Plusieurs gestionnaires encouragent la collaboration, la connectivité et le travail d'équipe pour pallier la pénurie de ressources, briser les silos, améliorer la productivité et adapter les organisations à de nouvelles réalités.Mais plus de collaboration est-il nécessairement mieux?Dans un texte récent du HBR intitulé «Collaborative overload», les auteurs Cross, Rebele et Grant soutiennent une thèse qui va à l'encontre de ce qu'on pourrait penser: trop de collaboration peut épuiser les employés et réduire la productivité.Combien de temps les employés passent-ils en réunion, au téléphone ou à répondre à des courriels?Eh bien, selon le texte du HBR, on l'évalue à 70-80% dans certaines organisations. C'est beaucoup, et ça laisse peu de temps pour le travail critique qu'on demande à certains employés.Qu'arrive-t-il alors? La performance diminue, les attentes ne sont pas comblées, le stress augmente et l'absentéisme devient une réalité et une source de problèmes pour plusieurs équipes.Selon l'article de Cross, Rebele et Grant, 20 à 35% du travail collaboratif est accompli efficacement par seulement 3 à 5% des employés.Les employés qui ont un haut potentiel de collaboration sont souvent ceux qui sont capables d'en faire plus et qui ont des aptitudes naturelles à vouloir aider.Ces personnes s'impliquent dans plusieurs projets et deviennent essentielles à leur réalisation. Le travail d'équipe et la performance du groupe sont ainsi améliorés, mais deviennent grandement dépendants de ces individus.La pression mise sur ces collaborateurs peut devenir insoutenable. On leur donne beaucoup de responsabilités et des tâches de plus en plus variées. De plus, avec le temps, le travail peut devenir moins efficace et leur implication peu reconnue.Mais de quelle genre de collaboration parle-t-on?Selon, les auteurs du HBR, les ressources collaboratives qu'on leur demande peuvent être de trois types: informative, sociale ou personnelle.Les ressources informatives sont les connaissances et les habiletés qui peuvent être transmises d'un employé à un autre.Les ressources sociales sont la reconnaissance, l'accès, la position dans un réseau qui vont permettre à des individus de mieux collaborer avec d'autres.Les ressources personnelles sont le temps et l'énergie consacrés au travail collaboratif.On le sait, le temps et l'énergie de chaque employé sont limités. Une journée de travail a un nombre d'heures défini et chaque employé a une vigueur qui lui est propre. Lorsqu'on demande à un employé d'en faire plus, d'aider les autres, de participer à des réunions ou d'approuver plus de décisions, il a moins de temps pour effectuer son travail critique.Pour pallier ce problème, les gestionnaires ont un rôle à jouer. Ils doivent identifier les personnes à risque d'être submergées par trop de travail, redistribuer les responsabilités et récompenser la collaboration bien faite.La collaboration est certainement la réponse à plusieurs problèmes et enjeux, mais plus ne veut pas nécessairement dire mieux.Comme disent Cross, Rebele et Grant, les leaders doivent apprendre à reconnaître, promouvoir et distribuer le bon travail collaboratif afin d'éviter de surmener les meilleurs éléments de l'équipe. Sinon ces personnes vont devoir compenser les lacunes organisationnelles et travailler plus.Pour le réseau de la santé, qui compte d'innombrables équipes de travail dans divers secteurs d'activités, la question de la collaboration dans les équipes est primordiale au succès des projets, au bon déroulement des affaires et au fonctionnement des organisations.Des chefs d'équipe et des employés de soutien devraient être autorisés à prendre certaines responsabilités et décisions, à réévaluer l'importance de certaines réunions et gérer les calendriers et agendas.Il est essentiel d'avoir des chefs d'équipe et des employés de soutien dédiés à la collaboration et engagés au travail d'équipe. Des individus dans les organisations qui vont s'assurer que suffisamment de ressources sont affectées aux tâches et au travail bien fait.Presser le citron, comme plusieurs politiciens aiment le faire, n'est pas bon du tout! Bien gérer les ressources disponibles par des gestionnaires de qualité est cent fois mieux!